Sénégal : Des femmes modèles pour encourager l’autonomisation des jeunes filles

Sénégal : Des femmes modèles pour encourager l’autonomisation des jeunes filles

Les droits de la femme ont toujours occupé une place fondamentale dans le travail qu’OSIWA effectue en Afrique de l’Ouest depuis un peu plus de 15 ans. Mais 2017 a été une année spéciale, car OSIWA a mis un accent particulier sur les droits de la jeune fille. Grâce à sa campagne Droits de la Femme en Afrique de l’Ouest : l’Affaire de tous, OSIWA a pu se déployer dans les régions du Sénégal à la rencontre de jeunes filles et garçons pour parler des droits de la femme en général et de la jeune fille en particulier. Démarrée en fin 2016, cette campagne faisait suite à la déclaration par l’Union Africaine (UA) de l’année 2016 comme année africaine des droits de l’homme avec un focus sur les droits de la femme. OSIWA a mis à profit cette initiative de l’UA pour lancer ladite campagne qui a comporté 5 volets majeurs.

Le premier volet a consisté en l’organisation de panels de discussions sur des thèmes aussi variés que la culture, l’accès à la santé et à l’éducation, et l’accès à la terre. Le deuxième volet a mis en exergue cinq femmes ordinaires dans la région ouest-africaine et dont les parcours sont jugés extraordinaires au vu de leur vécu, expérience et accomplissements au quotidien au sein de leur communauté respective. Ces femmes ont fait l’objet d’une vidéo documentaire intitulée «Extraordinary Women in West Africa», dans laquelle elles partagent leur parcours. Le troisième volet de cette campagne a consisté en une exposition photo de séquences tirées de la vidéo documentaire et qui nous a permis à travers des images assez vivantes de suivre ces femmes dans leur quotidien. La particularité avec les femmes choisies, c’est qu’elles ne sont pas nos héroïnes classiques. OSIWA a choisi des femmes qui sont pour la plupart dans des domaines d’activité traditionnellement réservés aux hommes – entre autres une agricultrice, une guitariste, une productrice de films, une responsable de groupement féminin et mariée très jeune. Cette exposition est toujours visible au siège d’OSIWA sis à la stèle Mermoz à Dakar. L’exposition s’est aussi déplacée aux USA pour participer à la grande exposition annuelle Photoville qui se tient dans la bourgade de Brooklyn dans la ville de New York. Ceci a non seulement donné un cachet international à cette exposition mais aussi une visibilité aux différentes causes défendues par ces femmes extraordinaires. Le quatrième volet du projet a consisté en la production d’un recueil de quatre bandes dessinées intitulé “Vos yeux mes pieds”. Chaque bande dessinée relate l’histoire de deux jeunes filles nées le même jour, mais ayant vécu et grandi dans des conditions différentes et l’impact que cela a pu avoir sur leur vie. Le recueil contient des questions adressées au jeune public et qui leur permettent de réfléchir sur leur vie, les opportunités, privilèges et défis qui s’offrent à eux. Le cinquième volet, le  «Ambassadors’ Talk » a surtout ciblé les jeunes filles. En effet, dans beaucoup de pays de la sous-région ouest-africaine, les jeunes filles ne sont pas en contact avec des femmes modèles, issues de leur communauté et capables de leur montrer qu’il est possible pour elles d’aspirer à un avenir prometteur et le Sénégal n’y fait pas exception. Pour cette activité, nous avons ciblé 6 régions du Sénégal : Diourbel, Tambacounda, Kolda, Fatick, Dakar et Saint Louis. Dans chaque région, nous avons identifié, au niveau des communautés cibles, des femmes ordinaires qui ont réussi leur vie et qui pourraient inspirer les jeunes filles à croire en elles-mêmes et en leur capacité intrinsèque à pouvoir réussir dans la vie. Les «Ambassadors Talks» se sont déroulés en deux temps. D’abord il y a eu des sessions de développement personnel et de leadership pour permettre aux jeunes filles de s’exprimer librement en public et être plus à l’aise lors des échanges avec leurs ambassadrices. Durant ces sessions, les jeunes filles ont également eu l’opportunité de découvrir les bandes dessinées et de réfléchir et répondre aux questions posées dans chaque histoire. Le second aspect consistait pour les ambassadrices choisies de raconter leur histoire (enfance, études, parcours professionnel) aux jeunes filles tout en partageant avec elles les astuces, choix, échecs et circonstances qui leur ont permis d’être les femmes accomplies qu’elles sont devenues.

Des ambassadrices fascinantes, des modèles accomplis !

Parmi les ambassadrices, l’une a été retirée de l’école à l’âge de dix ans et est aujourd’hui devenue députée à l’Assemblée Nationale. Mariée et vivant avec une belle famille qui lui faisait constamment la guerre, une autre des ambassadrices est parvenue au summum de sa carrière d’enseignante, réussissant à combiner avec détermination et courage des promotions à des postes de responsabilité à ses devoirs et vie de famille. Ne se laissant pas abattre par des échecs, une autre ambassadrice est maintenant une femme épanouie avec un poste à responsabilité. Une autre ambassadrice a obtenu son bac à l’âge de 62 ans ! Comment rester indifférent face à des exemples pareils ? C’est avec une admiration totale et une réelle envie de suivre le même chemin que ces femmes que les jeunes filles ont posé beaucoup de questions sur le choix des études par exemple ; le mariage et comment l’allier à la vie professionnelle ; la gestion de la relation avec les parents surtout dans le choix du cursus scolaire (série littéraire vs. Série scientifique ; filière marketing ou filière audit ; etc.).

En tant qu’observatrices de certains de ces échanges, nous avons pu voir combien il est important de montrer aux jeunes des modèles de réussite issus de leur propre communauté, car ils constituent des preuves vivantes qu’il leur est également possible de réussir malgré tous les obstacles que la société semble leur poser et qu’en définitive, la réussite est au bout de l’effort. Dans les régions ciblées, les jeunes filles étaient véritablement séduites par le fait que ces ambassadrices étaient issues de leur communauté et cela leur a permis d’avoir des échanges plus concrets, car elles s’identifiaient plus facilement aux ambassadrices. A l’entame de l’activité, certaines de ces jeunes filles étaient fermement convaincues qu’une femme ne peut pas être « émancipée » et réussir à bien gérer sa vie en famille. Mais cette activité a changé leur perspective.  Le récit de ces femmes issues de leur communauté fut une véritable révélation pour elles, les marquant profondément. Malheureusement, nous n’avons pas pu étendre l’activité sur l’ensemble du territoire national et beaucoup d’autres jeunes filles ont ces mêmes appréhensions et ne voient pas comment elles pourraient réussir dans la vie. Aussi, au-delà du Sénégal, des pays comme le Niger et le Mali tireraient un grand profit d’une telle initiative !

Par Khaita Sylla, Responsable des subventions et Ndidi Nwaobasi, Associée au Suivi, Evaluation et Capitalisation

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