Les Fondations de la Société Ouverte œuvrent pour l’avènement de démocraties vivantes et tolérantes avec des gouvernements imputables devant leurs citoyens. Pour accomplir cette mission, les Fondations travaillent à la mise en place de politiques publiques aptes à garantir une plus grande équité dans les systèmes politique, judiciaire et économique, ainsi que la protection des droits fondamentaux. Au niveau local, ces Fondations mettent en œuvre un certain nombre d’initiatives visant la réalisation d’avancées dans le secteur de la justice, de l'éducation, de la santé publique et de la liberté de presse. En outre, nous construisons des alliances inter-pays et inter-continents sur des questions telles que la corruption et la liberté d’information. L’une des fortes priorités des Fondations est la protection et l’amélioration des conditions de vie des populations vivant dans les communautés marginalisées.
Les Fondations de la Société Ouverte ont été créées par l’homme d’affaires et non moins philanthrope George Soros à partir de 1984, pour aider les pays qui ont abandonné le système communiste à réussir leur transition. Nos activités se sont beaucoup développées et nous intervenons aux États-Unis, dans plus de 70 pays d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Chaque fondation s’appuie sur l'expertise d’un conseil d’administration, composé d’éminents citoyens, qui a la charge de définir un programme en fonction des priorités locales.
L'Initiative de la Société Ouverte pour l'Afrique Occidentale (OSIWA) mise en place en 2000 fait partie des fondations autonomes du Réseau Mondial des Fondations de la Société Ouverte fondées et soutenues par George Soros. Ces structures à but non lucratif ont toutes pour vocation d’œuvrer à la création d’une « Société Ouverte ». Se fondant sur le principe que nul ne détient le monopole de la vérité, une société ouverte a le souci de tenir compte de toutes les opinions sans exclusive et reste toujours ouverte à l'amélioration. Dans la pratique, les sociétés ouvertes sont caractérisées par la priorité qu’elles accordent à la justice, la démocratie, au respect de la diversité et des droits humains, à la libéralisation des marchés, au droit à l'information des peuples et au dynamisme de la société civile.
OSIWA est une fondation basée à Dakar, Sénégal dont la vocation principale est d’accorder des financements et de développer des plaidoyers dans la perspective de la mise en place de démocraties vivantes, tolérantes et stables en Afrique de l’Ouest. Elle encourage et accompagne l’avènement d’une société ouverte en Afrique occidentale se caractérisant par une démocratie effective, une bonne gouvernance, la justice, le respect des libertés fondamentales et une grande implication des citoyens. Elle a des bureaux à Abuja, à Monrovia, à Freetown et à Conakry.
OSIWA est l'une de trois initiatives régionales africaines ; les deux autres étant l’Initiative de la Société Ouverte pour l'Afrique Australe (OSISA) et l'Initiative de la Société Ouverte pour l'Afrique de l’Est (OSIEA). Par ailleurs, il existe la Fondation de la Société Ouverte de l'Afrique du Sud (OSF-SA) qui travaille exclusivement au niveau de l'Afrique du Sud. Afrimap, le Projet de Surveillance et d’Appui à la Bonne Gouvernance pour l'Afrique constitue une autre institution de Société Ouverte qui travaille avec des organisations nationales de la société civile pour conduire des audits systématiques de la performance des gouvernements.
À ses débuts, le travail d'OSIWA consistait essentiellement à accorder des financements et à s’appuyer sur ses associés pour promouvoir la mise en œuvre d’initiatives endogènes puis, après avoir suffisamment préparé le terrain par cette approche, elle a procédé à l’élargissement de sa stratégie de conduite de changement avec un plaidoyer proactif pour l’introduction de réformes politiques. Au bout d’une décennie de travail à travers toute l'Afrique de l’Ouest, OSIWA a capitalisé toute une expérience en tant que principale fondation régionale dont l’action repose sur sa capacité à traiter à la fois la dimension de l’offre et celle de la demande de gouvernance démocratique ouverte en combinant l’octroi de financements, le plaidoyer, la construction de partenariats et l’assistance technique. Tandis que la plupart des bailleurs de fonds ont tendance à se concentrer exclusivement soit sur la société civile soit sur les institutions gouvernementales, OSIWA, pour sa part, a tracé un plan d’action exemplaire pour réaliser son objectif stratégique qui est de renforcer les institutions et les structures démocratiques, mais aussi la participation des citoyens dans le processus de prise de décision. OSIWA est également unique dans son approche transnationale et régionale concernant la programmation, ce qui offre plus d’expérience à capitaliser au niveau transnational, et lui permet d’éviter ainsi de se focaliser sur un champ d’action restreint comme le font beaucoup de bailleurs de fonds.
Il y a plusieurs secteurs dans lesquels OSIWA a produit des résultats appréciables et appris des leçons importantes au cours des années d’exercice. Par exemple,
• OSIWA a appuyé le renforcement des capacités de la société civile ainsi que les partenariats pour la mise en place d’un engagement politique effectif. Elle a participé à la réalisation de canaux et la création des conditions pour un engagement sur les questions liées à la transparence, la gouvernance et a facilité le dialogue entre gouvernement et société civile en vue de dissiper les suspicions et le manque de confiance qui caractérisent leurs rapports. L’une des réalisations majeures d’OSIWA dans le secteur de la société civile est la mise en place de l’Institut Ouest Africain de la Société Civile (WACSI) qui représente une institution pionnière en matière de renforcement des capacités qui s’est avéré très utile.
• OSIWA a favorisé l’éveil des consciences concernant les droits humains, la gouvernance économique et le fonctionnement du service public. Des campagnes de plaidoyers sur la libre circulation des biens et services ainsi que le fait de « publier ce l’on paie » ont été menées dans de nombreux pays avec un impact positif en termes d’éveil des consciences des citoyens par rapport à leurs droits dans ces différents domaines.
• OSIWA a facilité la formulation de politiques pertinentes sur la gouvernance dans cette région. En partenariat avec le PNUD, un projet politique sur la décentralisation a été élaboré pour le Liberia, et la Commission de Réforme des Lois du Libéria a révisé plusieurs textes de loi avec le soutien d’OSIWA. La Fondation a également aidé des institutions publiques à renforcer la transparence et le sens de la responsabilité dans la gestion des affaires publiques à travers la collaboration et le maillage de tous les partenaires de la région.
• Les efforts déployés par OSIWA pour la conduite de plaidoyers conjoints et concertés ont empêché beaucoup de gouvernements de modifier les dispositions constitutionnelles limitant le nombre de mandats à deux. Dans le même sens, les plaidoyers ont, en outre, accéléré la réforme constitutionnelle dans de nombreux pays de la région.
• OSIWA a apporté un véritable appui aux médias permettant ainsi d’améliorer de façon significative les capacités des journalistes à mieux traiter des questions et des événements importants, y compris les processus électoraux. Grâce à cette relation avec les médias, les partenaires d’OSIWA ont pu conduire un plaidoyer gagnant et pousser le Nigéria à ne pas permettre au président soudanais d’effectuer une visite officielle sur son sol.