Le Terrain
L’avenir de la Sierra Leone repose sur ses jeunes
Ngolo Katta, Sierra LeoneLe commandant rebelle a reconnu Ngolo Katta, assise recroquevillée, dans la cour en compagnie de la plupart des membres de sa famille pendant que de jeunes rebelles mettaient à sac la maison de sa mère.
Levez-vous monsieur s’il vous plaît”, dit le commandant d’un ton ferme.Les prisonniers dont la mère de Katta, son fiancé et son enfant craignaient que ce ne fut là l’une des dernières paroles que le militant et leader du groupe de jeunes entendrait. La scène se déroulait pendant les trois semaines de siège qu’à connues, en janvier 1999, Freetown, capitale de la Sierra Leone. Ce fut la période des viols, des exécutions sommaires et des incendies criminels, une période pendant laquelle le plus grand nombre de violations des droits de l’homme ont été commises en dix ans de guerre civile sans merci en Sierra Leone.Désignant Katta du doigt, le commandant dit "c’est mon ancien maître d’école et il nous punissait. "Et il ajouta en insistant sur chaque mot, "Je veux dire qu’il nous punissait vraiment. "
Défense des droits de l'homme en Sierra Leone
Melron Nicol-Wilson Sierra LeoneLa longue journée de travail de Melron Nicol-Wilson commence à 8 heures. Devant le petit bureau du Lawyers Centre for Legal Assistance (LAWCLA) de Freetown, capitale de la Sierra Leone, parfois jusqu'à 40 personnes attendent leur tour : ce sont des réfugiés et des sierra-leonais déplacés par la guerre, des jeunes victimes de sévices, des personnes âgées, des handicapés et des chômeurs. Le bouche à oreille les a conduits vers le premier centre d’assistance juridique en Sierra Leone dont la mission est de protéger les droits des plus démunis. LAWCLA trouve encore l’essentiel de ses clients dans les cellules de la Prison centrale surpeuplée de Freetown.
Demand for legal representation among a poor and largely illiterate poLa demande d’assistance juridique au sein d’une population pauvre et essentiellement analphabète est énorme. Mais partout les besoins se font sentir dans un pays qui émerge à peine de la brutalité d'une guerre civile qu’il a subie pendant 10 ans et des décennies de mauvaise administration. Les pays donateurs, les organisations internationales et les groupes de la société civile du pays ont concentré leurs initiatives sur le secteur juridique - et financier -, notamment sur le tribunal spécial pour la Sierra Leone et la Commission vérité et réconciliation nationale (CVR), deux structures essentielles pour déterminer les responsabilités dans les exactions du passé et établir la primauté du droit au cours du processus de transition de la guerre vers la paix en la Sierra Leone. LAWCLA se préoccupe beaucoup de l’administration de la justice au cours du processus de transition ; il passe, en effet, pour être encore le lieu où les plus démunis peuvent trouver une assistance juridique concrète. “On ne peut pas parler des droits de l’homme si l’on ne dispose pas de moyens pour les protéger”, estime Melron Nicol-Wilson.
Mobilisation des avocats dans le Nord du Nigeria
Ladi Alabi of Legal Watch, NigeriaLe calme relatif de ce lundi après-midi a été rompu par l'arrivée massive d'une veuve de fraîche date, de ses trois enfants, de ses cousins, tantes et oncle, venus implorer les avocats de Legal Watch pour qu’ils interviennent afin d’empêcher les enfants de son époux de vendre sa maison. Le cabinet d'assistance juridique est ouvert de 14 heures à 17 heures les vendredis. Les clients se présentent chaque jour, à toute heure. Pauvres et souvent illettrés, ils peuvent avoir passé une bonne partie de la journée à voyager pour se rendre au cabinet qui se trouve sur la route de Jos au centre de Kaduna, la capitale de l'Etat du Nord du Nigeria du même nom. La directrice exécutive, Ladi Alabi, a renoncé à les renvoyer.
